Quel est l’impact de mon vêtement ?

Il est presque impossible de quantifier l’impact d’un vêtement sans se pencher sur l’entièreté de son cycle de vie. En effet, à chaque étape, les choix des marques et des fabricants vont alourdir l’impact environnemental et social du produit fini. Mais quelles sont les étapes exactement ? C’est parti pour un petit tour d’horizon.

Le cycle de vie d’un vêtement

La matière première

Tout part de la matière première. Elle peut-être naturelle (végétale ou animale), artificielle, synthétique ou recyclée. Selon la typologie de la matière, l’impact environnemental et social diffère. En effet, la quantité d’eau, de produits chimiques, l’extraction de la matière ou les méthodes de travail des ouvriers, sont autant de variables à prendre en compte.  Ici pour un article sur la différence entre ces trois typologies de matière. 

La filature : de la matière à la bobine

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Vient ensuite l’opération de filature, celle-ci diffère selon la typologie de fibre :

  • naturelle : les fibres sont livrées en balles, lavées et battues pour les débarrasser des impuretés et des résidus de produits phytosanitaires. Elles sont ensuite cardées (c’est à dire brossées) pour les séparer et les aligner pour former un « ruban ». Elles seront peignées pour ne garder que les fibres de même longueur. Enfin, elles sont étirées pour être filées ;
  • artificielle et chimique : des filaments seront créés à partir de matières fondues (polyamide et polyester) ou dissoutes dans un solvant (viscose, acrylique, polyuréthane). Les filaments sont ensuite étirés puis bobinés.
    Ces étapes requièrent une importante quantité d’eau (notamment pour les fibres naturelles non biologiques et les fibres artificielles et chimiques) et l’enjeu de gestion des eaux usées est primordial à ce stade. En effet, selon les solvants et procédés utilisés, le déversement dans la nature a un impact non négligeable sur les populations avoisinantes, les écosystèmes et l’air !

Tissage ou tricotage : le passage du fil à l’étoffe

  • le tissage permet, en entrecroisant les fils, de passer de la bobine au tissu ;
  • le tricotage diffère puisque ce sont des boucles de plusieurs fils qu’on entrelace.

Là encore l’impact dépend des méthodes de l’usine puisque pour renforcer les fils lors de ces étapes, les fabricants recourent à des agents d’encollage ou des lubrifiants d’origine naturelle ou minérale…

L’ennoblissement : l’étape où l’on donne au tissu ses attributs finaux

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  • le désencollage : et oui tout commence par l’élimination des produits appliqués aux étapes précédentes 🤪  ;
  • le blanchiment pour éliminer les impuretés de la fibre et des pigments ;
  • la teinture : c’est à cette étape que les tissus sont teints. Aujourd’hui les colorants de synthèse sont largement plus usités que les colorants naturels. On retrouve, entre autre, dans les teintures des tensioactifs (éthoxylates de nonylphénols – dangereux et perturbateurs endocriniens avérés), colorants azoïques, phtalates, ammoniaques et gazs inflammables… Ce cocktail chimique impacte les éco-systèmes, les rivières, les fleuves et in fine, nous ! Selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie), 20% de la pollution des eaux proviendraient des teintures !
  • Le finissage : dernières étapes pour donner un aspect particulier au vêtement. On aura recours, par exemple, au sablage pour donner un aspect délavé. Une technique controversée avec notamment des conséquences importantes sur la santé du travailleur.

La confection

L’enjeu est ici principalement social à savoir qui coud, dans quelles conditions et pour quel salaire ? Les enjeux et risques liés aux étapes de confection diffèrent selon le pays. Ici pour un article sur le Made In.

Le conditionnement, le transport et la vente

Avant d’arriver chez le détaillant, ou directement chez le commanditaire, le vêtement pourra avoir été conditionné à plusieurs reprises pour faciliter son transport (film, housse, plastiques, etc.)

Selon le lieu de confection, l’impact du transport sera plus ou moins important. Il est à noter qu’il est fort probable que plusieurs milliers de kilomètres aient déjà été parcourus par notre vêtement avant même d’être livré au consommateur. Selon le mode de vente, l’impact diffèrera également – si c’est en magasin l’éclairage, le chauffage est à prendre en compte. La publicité papier ou numérique n’est également pas à négliger.

Le lavage

Et oui ça ne s’arrête pas là ! En effet, les vêtements synthétiques vont relarguer des micro-plastiques tout au long de leur vie. Au rythme actuel, le rejet de micro-plastiques atteindra 20 millions de tonnes en 2050 qui finiront directement dans l’océan.

Le recyclage

Là encore c’est tout un défi. Seul 1% des textiles qui composent nos vêtements sont recyclés pour en faire de nouveaux. En cause ? La technologie qui n’est pas encore prête mais surtout incapable de revaloriser la quantité de textiles donnés chaque année. Il est à noter que le mélange de fibres artificielles ou synthétiques rend très complexe le recyclage.

Comment faire pour limiter son impact ?

Raisonner ses achats

On ne le dira jamais assez, mais le déchet le moins polluant c’est celui qu’on ne créé pas. Et si on réfléchit vraiment à ce dont on a besoin, je peux vous assurer que vous aimerez d’autant plus la pièce que vous avez choisi.

Privilégier la seconde main

Les sites de seconde main regorgent de pépites ! C’est encore mieux que d’acheter du neuf puisqu’il n’y a pas besoin de créer de nouvelles matières !

Soutenir des marques qui font les choses bien

Ce sont des marques qui ont intelligemment réfléchi chacune des étapes que je vous ai cité précédemment.  On le vérifie soit en se fiant à certains labels (listés ci-dessous), soit en faisant confiance à la marque si celle-ci est dans une démarche très transparente. On peut également se baser sur le travail d’acteurs type Clear Fashion ou Viji qui oeuvrent pour plus de transparence vis à vis du consommateur.

Se fier aux labels ! Mais attention pas à n’importe lesquels :

Les labels environnementaux

GOTS : pour valider le caractère biologique du produit, l’absence de produit chimique tout au long de la chaine de production, la gestion des eaux usées et la capacité de recyclage de l’emballage. Il garantit également le respect de minimas sociaux.

Oeko-tex Standard : pour les teintures notamment ! Ce label valide l’absence de produit toxique pour l’environnement et la santé. Attention donc, aucune garantie sur les matières premières ou l’impact social de la production.

GRS : Certification pour les produits recyclés. Certifie que le produit contient à minima 50% de fibres recyclées.

Les labels encadrant les normes sociales 

Fair Wear Foundation : attribué par un organisme indépendant, il permet d’assurer le respect de 8 fondamentaux inspirés du code du travail de l’OIT et de la déclaration internationale des droits de l’Homme. Le versement d’un salaire vital (souvent supérieur au salaire minimal), les conditions de travail, les horaires sont, entre autres, passés à la loupe. Seul bémol, les entreprises peuvent tendre vers le versement d’un salaire vital mais que ce ne soit pas encore le cas lorsqu’elles obtiennent le label.

Fair Trade Certified : label de commerce équitable s’adressant aux travailleurs du textile. Est inclus un volet social (dont le versement d’un salaire vital), environnemental et sur la transparence de la chaine d’approvisionnement.

WTFO : label de commerce équitable encadrant de la récolte au produit fini. Il certifie la marque et encadre entre autres, le paiement d’un salaire minimum légal (peut être en-deçà du salaire minimum vital), les conditions de travail, l’absence de travail forcé ou d’emploi d’enfants, etc.

Bien entretenir son vêtement

Tout commence par la bonne lecture de l’étiquette. En effet celle-ci regorge d’informations sur comment bien entretenir son habit. On notera également que s’il est fait en fibres synthétiques (vierges ou recyclées), utiliser un guppy friend permet de retenir les micro-plastiques. Ici pour un article sur comment bien laver son vêtement. 


Sources :

  • Mode Manifeste – S’habiller Autrement de Magalie Moulinet Govoroff
  • Textile addict
  • L’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie)

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