Mode – Comment bien décrypter une étiquette ?

Avez-vous déjà pris le temps d’analyser correctement les étiquettes de vos vêtements ? Celles-ci s’avèrent être de véritables cartes d’identité ! Elles regorgent d’informations utiles sur la vie antérieure de nos vêtements (origine, composition) mais aussi postérieure nous permettant de les chouchouter pour qu’ils nous durent le plus longtemps possible.

Décryptons-les ensemble !

1. L’étiquette de composition

Source : Instagram – Oikos.média

L’étiquette de composition est obligatoire et doit être fixée sur le produit. Lisible et en français, elle donne le pourcentage des différentes fibres textiles composant le vêtement, voire des différentes parties si elles sont de compositions différentes.

L’indication de l’origine (le fameux Made In) est facultatif mais très courant notamment parce que les marques ont bien compris que les consommateurs y sont de plus en plus sensibilisés. Commençons par le commencement :

Les matières premières (1)

Les matières premières peuvent être de plusieurs types :

  • Naturelles (issues du sol, des plantes et des animaux),
  • Artificielles (origine naturelle mais nécessitant un processus de transformation),
  • Synthétiques (majoritairement issues de la pétrochimie).

Ici, on aura donc une indication des matières composant notre produit. Mais attention – l’emploi de matières naturelles ne veut pas forcément dire que l’impact est moindre que s’il était fait à partir de matières artificielles ou synthétiques.

Coton

Prenons, par exemple, le coton. Occupant plus de 2,5% des terres agricoles de la planète, le coton est très gourmand en eau (2 700L pour un t-shirt alors qu’il est, paradoxalement, cultivé dans des régions connaissant une pénurie d’eau potable) et en insecticides et pesticides (25% des insecticides et 10% des herbicides du marché sont dédiés à sa culture). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) 22 000 personnes décèdent chaque année des suites de l’exposition aux pesticides nécessaires à sa culture.

Les labels (2) – (3)

Si les matières sont issues de l’Agriculture Biologique ou recyclées, il en sera (normalement) fait mention sur l’étiquette. Ici encore, attention, des labels existent pour encadrer ces procédés ! S’il y en a, il doit en être fait mention quelque part (2).

Mais lesquels ? (3) Attention également à ce que certifient les labels cités. Certains labels, moins stricts que d’autres, sont mis en avant pour nous rassurer.

Reprenons notre exemple du coton. Créé en 2005, le label de l’association BCI a pour but de promouvoir une amélioration sociale et environnementale de la culture du coton. Beaucoup moins contraignant que la culture biologique, le coton BCI n’interdit pas le recours aux semences génétiquement modifiées (OGM), incite à diminuer l’utilisation de pesticides mais ne les interdit pas et n’encadre pas le versement d’un salaire vital. Bref, on est bien loin du bio… Ici, on préfèrera le label GOTS, dont les critères de labellisation sont les plus stricts du marché.

Idem, le label Oeko-tex Standard que beaucoup de marques mettent en avant, garantie que le processus de fabrication est exempt de produits chimiques (ce qui est déjà bien) MAIS ne certifie pas qu’il en est de même pour les matières premières.

Attention donc à vérifier ce dont se targuent nos marques préférés. Pour vous aider à y voir plus clair dans cette jungle des labels, on vous prépare un article dédié.

Le Made In (4)

3 français sur 4 serait prêt à payer plus cher pour un vêtement Made In France. De quoi donner envie aux marques de s’y mettre. Ou du moins de vous le faire penser.

Comment obtient-on la mention Made In France ?

La DGDDI (Direction Générale des Douanes et Droits Indirects) nous dit que le produit doit soit :

  • afficher une codification douanière différente de celles de ses matières premières et composants non français ;
  • respecter un seuil maximum de valeur de ses matières premières et composants non français (max 45%) par rapport à son prix (et si les 55% restant servent à financer les coûts support dont le marketing, le transport et la marge des marques et des distributeurs, le considérez-vous comme français ?);
  • avoir fait l’objet en France de certaines opérations de transformation à partir des matières premières et composants non français (comme dorer des bijoux importés en France par exemple).

Un t-shirt réalisé à l’autre bout du monde avec une petite broderie faite en France peut donc bénéficier de cette mention. On comprend donc bien ici que la mention Made In France est bien loin de garantir un approvisionnement et une production totalement française.

Certains petits filous essaient même de nous tromper avec des drapeaux tricolores ou des mentions quasi identiques « Designed in France », « Fabrication française », « Qualité française », etc.

Préférez les labels « Origine France Garantie » ou « Entreprise du Patrimoine Vivant » plus exigeants en terme de conception française.

2. L’étiquette d’entretien

Facultative, mais fortement conseillée, elle permet de savoir quoi faire et surtout ce qu’il ne faut pas faire pour assurer une longue vie à nos habits. Quand on sait que l’essentiel de l’impact écologique intervient après l’achat, c’en est d’autant plus intéressant ! Ci-dessous les pictogrammes les plus courants :

Indications sur le lavage

  Lavable en machine;

Lavable à la main;

  Non lavable à l’eau;

Lavable à une température maximum de 40°;

A laver avec un cycle d’essorage réduit;

A laver avec un cycle délicat.

Indications sur le séchage en machine

Ne pas sécher en machine;

Séchage machine possible avec une température réduite (max. 60°);

Séchage machine possible avec une température normale (max. 80°).

Indications sur le séchage naturel

Séchage à plat après essorage à la machine à laver;

Séchage à plat sans essorage à la machine à laver;

Séchage sur fil après essorage en machine;

Séchage sur fil après essorage en machine;

Séchage à l’ombre conseillé à l’intérieur ou extérieur (ici à plat après essorage).

Indications sur le repassage 

Ne pas repasser;

Repasser à une température maximale de 110 °C;

Repasser à une température maximale de 150 °C;

Repasser à une température maximale de 200 °C.

Note : Les fers et machines à repasser indiquent souvent les fibres correspondant à chaque température.

Indications sur le blanchissement

Résistant au blanchiment et au détachage avec des produits à base de chlore – comme l’eau de Javel – ou contenant des agents de blanchiment oxygénés. (Non recommandé pour son impact sur l’environnement & la santé)

Non résistant au blanchiment. Il est donc fortement déconseillé d’utiliser des produits contenant des agents de blanchiment. Les agents de blanchiment sont généralement présents dans les lessives en poudre. Pour savoir si votre lessive en contient, vérifiez l’étiquette de composition sur l’emballage.

Indications pour le pressing 

Les indications dans des cercles sont à destination des professionnels du nettoyage et renseigne sur les solvants ou techniques de nettoyage qui pourront être utilisés.

 


Sources :

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