Matières naturelles, artificielles et synthétiques – quelles différences ?

Naturelles, artificielles ou synthétiques, ces fibres sont à l’origine de chacun de nos vêtements. Et comme rien n’est ni tout noir ni tout blanc, il n’est pas possible d’affirmer que l’une de ces catégories est mieux qu’une autre. C’est plus complexe et cela nous oblige à regarder matière par matière. Mais alors lesquelles privilégier ? A quoi faire attention ? Lesquelles sont à proscrire ? C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre dans l’article ci-dessous.

Matières naturelles

Coton

Origine

Les matières naturelles sont d’origine végétale ou animale. La plus usitée est le coton qui est présent dans 40% des textiles mondiaux. Après la Seconde Guerre mondiale, la montée en puissance des fibres synthétiques va considérablement réduire l’utilisation des fibres naturelles. Aujourd’hui un regain d’intérêt est accordé à ces fibres, jugées plus écologiques (pour la plupart), que les fibres artificielles et synthétiques.

Matières naturelles, forcément éco-responsables ?

Certaines fibres naturelles requièrent effectivement très peu d’eau et pas ou peu d’utilisation de produits chimiques de synthèse et/ou impliquent des procédés de transformation non polluants. On citera, par exemple, le chanvre, le lin, le jute, le ramie, etc.

Attention toutefois à l’amalgame entre naturel et éco-responsable. En effet, de nombreuses marques se targuent d’avoir recours à des matières naturelles, mais est-ce forcément une bonne chose ?

Prenons le coton par exemple. Pour rappel, la culture du coton occupe 2,5% des terres agricoles de la planète et il absorbe à lui seul 25% des insecticides et 10% des herbicides sur le marché. Le coton c’est aussi 2 700L d’eau pout un t-shirt en coton pesant en moyenne 150/200g. (Ici pour un article dédié au coton).

Pour les fibres animales, c’est la même chose. Si on prend l’exemple de la laine, au vue de l’impact environnemental de l’élevage et des risques de maltraitance animale, on est parfois bien loin de valider le caractère éco-responsable de cette fibre.

Alternatives durables

Au coton et à la laine conventionnelle, préférer le coton biologique (labellisée GOTS) et la laine biologique (GOTS ou kbt) ou leurs alternatives recyclées.

Matières artificielles

Viscose

Origine

Les matières artificielles sont bien d’origine naturelle (bois, bambou, eucalyptus, coton, etc.) mais subissent un procédé chimique pour obtenir leurs attributs. Découverte à la moitié du XIXe siècle par un chimiste suisse, la viscose se développe surtout dans la première moitié du XXe siècle. Possédant des propriétés analogues au coton, elle est moins chère à produire que les fibres naturelles et plus facile à teindre.

Matières artificielles éco-responsables, une histoire de procédé ?

Le procédé de fabrication conventionnel de la viscose est polluant et gourmand en ressources naturelles. Des produits chimiques sont utilisés pour extraire la cellulose végétale des fibres naturelles. Le mélange de pâte végétale, est ensuite transformé, tiré en fils puis tissé. Cette étape requiert des produits également très toxiques. Ce procédé est également gourmand en eau, et participe à la déforestation si la fibre n’est pas issue de forêts gérées durablement.

D’autres procédés existent, qui sont eux plus respectueux de l’environnement. On parle de Lyocell / Tencel, Modal, Micromodal, Refibra (…). Les solvants utilisés dans ces procédés sont non toxiques et recyclables. Attention cependant à l’origine de la fibre utilisée. Le caractère durable des forêts est, encore une fois, nécessaire pour s’assurer que leur extraction ne participe pas à la déforestation.

Alerte Greenwashing

L’origine de ces fibres étant naturelle, de nombreux acteurs de la mode se targuent d’y avoir recours en présentant ces fibres végétales comme la panacée. Ici gare au greenwashing, car même si la matière est issue d’une fibre végétale, avec un procédé conventionnel, vous l’avez compris, on est loin d’avoir affaire à une matière éco-responsable.

Matières synthétiques

Origine

Les matières synthétiques sont aujourd’hui pour la plupart issues de la pétrochimie (70% de celles présentes sur le marché) avec en tête le polyester (52% de la production de fibre mondiale en 2019). Elles prennent leur essor à la moitié du XXe siècle. La première fibre plastique commercialisée en 1938 est le nylon (réalisé à partir du charbon). Depuis, de nombreux tissus synthétiques sont apparus : les fibres acryliques, l’aramide, les polyoléfines et le polyester…

Réputées peu absorbantes et séchant rapidement, elles sont idéales pour les activités sportives car elles permettent d’évacuer facilement la transpiration.

Matières synthétiques, à bannir ?

Au-delà d’avoir majoritairement recours au pétrole, une ressource fossile limitée au procédé d’extraction polluant, les textiles contenant des fibres synthétiques sont accusés de relarger des micro-plastiques à chaque cycle de lavage. Mal filtrés par les stations d’épuration, ils sont rejetés dans l’océan (11 millions de tonnes par an selon la Commission Européenne en 2015), sont ingérés par la faune marine et se retrouvent in fine … dans notre assiette. Appétissant non ?

Alors faut-il les bannir ? Oui et… non. On est bien d’accord qu’il n’est pas encore envisageable d’avoir recours à des matières naturelles pour tout. En effet, certaines typologies de vêtement requièrent une technicité que seules les fibres synthétiques peuvent lui conférer. Mais alors quelles sont les alternatives moins polluantes ?

Alternatives durables

On voit désormais apparaitre des matières synthétiques innovantes permettant de réduire le recours à la matière première synthétique. C’est le cas du Bloom Foam, un mélange d’Ethylene Vinyl Acetate et d’algues, utilisée pour les semelles, permettant de réduire de 15 à 20% le recours à la matière première synthétique.

La meilleure solution à ce jour, reste de privilégier les fibres recyclées. Même si celles-ci continuent de polluer même lorsqu’elles sont recyclées (avec notamment le largage de micro-plastiques), l’avantage principal reste qu’on ne génère pas de déchets supplémentaires.

Mémo

Matière


Sources :

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1 commentaire

  1. […] matière, les méthodes de travail des ouvriers, sont autant de variables à prendre en compte.  Ici pour un article sur la différence entre ces trois typologies de […]

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