Le polyester, la fibre omniprésente

Le polyester a pris le pas sur le coton à partir de 2002, pour devenir la fibre dominante de l’industrie textile. Près de 70% des vêtements produits chaque année sont en polyester. Résistant à l’eau et séchage rapide : le polyester présente beaucoup d’avantages. Son expansion tient aussi à son prix bas, l’un des plus bas du marché. 

Malgré ces avantages, le recours au polyester menace réellement l’environnement.

Du pétrole, beaucoup de pétrole

En 2015, ce sont plus de 330 millions de barils de pétrole, énergie fossile non renouvelable, qui ont été utilisés pour la production de polyester ou d’autres fibres synthétiques (soit plus de 21 000 piscines olympiques !). Les exploitations pétrolières altèrent de larges territoires en provoquant de la pollution atmosphérique, acoustique, lumineuse… La faune et la flore déclinent ou fuient en conséquence. Les différentes méthodes d’extraction et de raffinage émettent aussi des gaz toxiques qui provoquent des problèmes respiratoires chez l’homme. 

Une production polluante et nocive

Lors de l’étape de production des fibres de polyester, les usines sont susceptibles de polluer à leur tour en relâchant dans l’eau ou dans l’air des substances à des niveaux toxiques (cobalt, sel de manganèse, hydroxyde de sodium…). De plus, les mélanges de composés chimiques nécessitent beaucoup d’énergie : il faut chauffer à plus de 100°C pour les fixer.  

Les microplastiques, poison des matières synthétiques

A chaque lavage, le polyester dégage des microparticules de plastique. Toutes ces particules de plastique plus petites qu’un millimètre de diamètre ne sont pas filtrées par les machines à laver ou les stations d’épuration. Des milliers parviennent alors facilement jusque dans les mers et les océans. Une étude menée par Patagonia mesure pour 100 000 personnes un équivalent de 110 kg de microfibres déversées dans les eaux chaque jour – une quantité similaire à 15 000 sacs en plastique. Cette pollution contamine l’eau et la faune aquatique.

En plus de contaminer l’environnement, le polyester est potentiellement un perturbateur endocrinien, un danger surtout au contact de la peau comme c’est le cas des sous-vêtements. 

Enfin, le polyester n’est pas biodégradable. Un déchet de plus s’il n’est pas recyclé ou upcyclé. 

Quelles alternatives ? 

Le polyester recyclé est une bonne réponse pour les vêtements nécessitant les propriétés du polyester (résistance à l’eau, au soleil…). Ecoalf a été une marque pionnière en offrant des parkas, manteaux, sacs à dos en polyester recyclé à partir de déchets post-industriels et post-consommation (déchets retrouvés dans les océans notamment). En France, Hopaal utilise du polyester recyclé issu de bouteilles plastiques récupérées en mer et sur terre. 

Mais le polyester recyclé continue à relâcher des microplastiques. Si possible, se tourner plutôt vers des matières naturelles comme le lin, le chanvre, ou des matières artificielles (le lyocell, ou Tencel, à partir de pulpe de bois extrait de forêts gérées de manière responsable). A défaut, on lavera son vêtement dans un GuppyFriend, qui retient ces microplastiques !


Sources :

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