La laine : matière naturelle donc écologique et éthique ?

La laine est une fibre incontournable de notre garde-robe et utilisée pour nos vêtements depuis des siècles. De nombreux types de laines existent et proviennent de différents continents, des plus utilisés et connus (cachemire, mouton mérinos…) au plus « niches » (qiviut, yak…).

 

Parts des fibres textiles en volume - Statista

Source : Statista

La laine ne représente aujourd’hui que 2% des fibres utilisées dans la fabrication de textiles. Cela peut s’expliquer par l’expansion des matières synthétiques, que l’on retrouve dans nos pulls et vêtements tricotés. Ceux-ci peuvent, en effet, être 100% synthétiques, ou mixer de la laine animale et une matière synthétique telle que l’acrylique ou le polyester.

Faites le test avec l’étiquette de vos pulls, vous serez sûrement surpris !

Privilégier un pull en 100% laine est définitivement une meilleure option, que ce soit pour sa composition naturelle ou pour permettre son recyclage. Cependant, est-il possible d’affirmer que la laine est une fibre éco-responsable ?

La laine : l’envers du décor 

Elle possède de nombreux bienfaits : c’est une matière naturelle, renouvelable, entièrement biodégradable et durable dans le temps. Avec différents touchers selon le type de laine, c’est un véritable « régulateur thermique » qui permet au corps de respirer tout en tenant chaud.

Pourtant, des zones d’ombres persistent dans la production de la laine :

La maltraitance animale montrée du doigt 

Source : PETA

La souffrance animale a accompagné l’industrialisation des processus de fabrication, notamment pour les laines d’angora, mouton et mohair, dont certaines pratiques ont été dénoncées à plusieurs reprises.

PETA alarme dès 2013 en diffusant des images de fermes chinoises, qui élèvent des lapins pour produire la laine angora. La Chine produit 90% de la laine angora. Élevés en cage et tués au bout de quelques années, la production à grande échelle de ce type de laine n’est régie par aucune réglementation.

Autre pratique décriée, le « mulesing » évoque une technique d’ablation de la peau des moutons afin de prévenir les myases, qui se déposent sur les animaux. Si la Nouvelle-Zélande a interdit cette pratique, le « mulesing » est fréquent en Australie, qui produit 75% de la laine de mouton mérinos mondiale, l’une des laines les plus utilisées dans l’industrie textile.

 Les conséquences environnementales des élevages

Le développement de la domestication animale pour la production de laine a des conséquences environnementales non négligeables : érosion des sols, rejet de méthane, utilisation de terres arables et de pesticides. Le cachemire par exemple, est produit à partir de la laine de chèvre cachemire en Mongolie et en Chine. Un seul pull en cachemire nécessite les fibres de 4 à 6 chèvres. 

Pour répondre à une demande croissante, leur population a augmenté de 30% ces dix dernières années. Les chèvres cachemire consommant plus de 10% de leur poids chaque jour, le changement climatique a déjà été observé sur ces terres : 90% du territoire de Mongolie est à haut risque de désertification selon le programme de développement des Nations Unies.

 Le processus d’ennoblissement : un cocktail de produits chimiques

Il est également probable que nos pulls en laine aient subi un procédé de transformation ayant recours à des agents chimiques potentiellement toxiques, en plus des produits chimiques utilisés pour teindre les fibres : formaldehyde, dioxines, chlore… Ces substances, dangereuses pour les personnes qui les manipulent, peuvent également être déversées dans les eaux et perturber l’environnement, si l’usine n’est pas scrupuleuse.

 Le transport : un impact non négligeable

En terme d’empreinte écologique, un pull en laine a souvent parcouru de nombreux kilomètres : les producteurs les plus importants se trouvent en Chine, Australie, Nouvelle Zélande et pour certaines laines en Amérique du Sud. Un pull en laine acheté en France a sûrement parcouru des dizaines de milliers de kilomètres. 

Etant donné que la Chine et l’Australie sont les deux plus grands producteurs mondiaux, et que peu de règlementations existent pour protéger les animaux et la planète, comment s’emmitoufler dans une laine éco-responsable et éthique ?

Les alternatives à la laine conventionnelle

Choisir des marques engagées

De plus en plus de marques dans le secteur tissent des liens (c’est le cas de le dire) avec leurs fournisseurs afin de garantir une laine qui permet à des communautés de gagner dignement leur vie et en respectant les animaux (Kujten, Henjl…).

Regarder du côté des laines certifiées :

Pour la laine, la certification GOTS garantit notamment que plusieurs produits chimiques toxiques ne sont pas utilisés, comme le formaldéhyde ou les agents blanchissants à base de chlore.

La norme RWS (Responsible Wool Standard) assure la traçabilité de la laine, et requiert des exigences pour le bien-être animal et l’environnement.

Cradle2Cradle certifie la démarche d’éco-conception du produit (produits utilisés, énergie, éthique…).

Le label PETA Cruelty-free s’assure quant à lui du bien-être animal.

Choisir des vêtements en laine recyclée

Bonne nouvelle, la laine est 100% recyclable ! Des certifications existent ainsi et encadrent pour le recyclage de la laine : Global Recycled Standard (GRS) requiert du que le produit fini contienne qu’il possède un minimum de 50% de fibres recyclées. 


Sources :

Common Objective
Good on You
The Good Goods
CFDA
We Dress Fair 
Stella McCartney 

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