Cosmétiques Conventionnels vs. Cosmétiques Naturels

Pour commencer, par cosmétiques conventionnels, on entend cosmétiques « classiques » ou « traditionnels », c’est-à-dire les produits que vous pouvez trouver en grandes surfaces, chez les marques de luxe et globalement tout ce qui se trouve chez Sephora.

Les cosmétiques naturels, eux, se dénichent plutôt en magasins bio (Mademoiselle Bio, Biocoop, …), dans des petits concept stores ou directement sur les e-shop des marques. Il ont la particularité d’être composés d’au moins 95% d’ingrédients d’origine naturelle.

Dans la famille des cosmétiques, on regroupe les soins (crème visage, gommage, masque, …), les produits de douche (shampoing, gel douche, savon, …) et d’hygiène (déodorant, dentifrice, …).

 

A peu de choses près, les cosmétiques ont une structure de formulation assez universelle : de l’eau, une phase grasse, un émulsifiant, des principes actifs et des additifs comme les conservateurs, le parfum et éventuellement les colorants ou les agents de texture.

Le tout réside donc dans le choix des ingrédients pour chacune de ces familles et c’est ce qu’on va déchiffrer tout au long de cet article !

On vous met en bas de l’article un récapitulatif des noms d’ingrédients à bannir.

 

                                                      Source : Instagram – Oikos.média

1. La phase aqueuse

L’eau est en général le premier composant qui apparait sur une liste d’ingrédient car c’est souvent l’ingrédient principal d’un cosmétique. C’est l’élément qui donne son pouvoir hydratant au produit.

  • Cosmétiques conventionnels : l’eau utilisée est distillée et donc ne présente aucun principe actif et est totalement neutre.
  • Cosmétiques naturels : l’eau peut être de l’eau de source (sans principe actif) ou de l’eau florale appelée aussi hydrolat (rose, bleuet, lavande, …). Chaque eau florale ayant une action pour la peau : hydratation, apaisement, purification, …

2. La phase grasse

La qualité et la quantité d’huile présente dans un produit cosmétique définit son pouvoir nourrissant.

  • Cosmétiques conventionnels : Les huiles sont minérales, issues de la pétrochimie. Oui ça fait un peu peur, plus concrètement, elles s’obtiennent à partir de résidus de la distillation du pétrole (bon c’est pas plus rassurant…). De la même manière, ce type d’huile n’a pas de principe actif et se contente juste de créer un film occultant sur la peau.
  • Cosmétiques naturels : Les huiles utilisées sont végétales et reconnues pour leurs propriétés nourrissantes, hydratantes et protectrices. A titre d’exemple : l’huile d’amande douce, jojoba, argan, karité.

3. L’émulsifiant & les humectants

Il s’agit des ingrédients qui vont homogénéiser la mixture, permettre à l’eau et à l’huile de se mélanger et empêcher l’eau de s’évaporer.

  • Cosmétiques conventionnels : sont utilisés les PEGs et glycols, composés chimiques, obtenus à parti d’un gaz toxique : l’oxyde d’éthylène (que de réjouissances !).
  • Cosmétiques naturels : entre autres, la lécithine de soja et la cire d’abeille, composants naturels, sont utilisées comme émulsifiants (pas toujours vegan mais un label pourra venir nous éclairer là-dessus).

4. Les principes actifs 

Il s’agit de tous les ingrédients qui donnent au produit son utilité : hydrater le corps, matifier la peau, faire briller les cheveux, etc. Selon la vertu que l’on veut donner au cosmétique, il existe un très grand nombre de principes actifs.

  • Cosmétiques conventionnels : Ils peuvent être naturels mais la plupart du temps, ils sont synthétiques. Les silicones, par exemple, sont présents dans beaucoup de produits capillaires pour faire briller, démêler et hydrater (en apparence) mais sont néfastes pour la santé et la planète. Les sels d’aluminium, eux, resserrent les pores pour empêcher la transpiration dans les déodorants. Ils traversent donc la barrière cutanée et l’accumulation d’aluminium pourrait engendrer des cancers du sein et présente une toxicité pour le système nerveux et les os.
  • Cosmétiques naturels :  Comme vous avez pu le constater, des actifs sont déjà présents dans la base aqueuse et huileuse des cosmétiques naturels grâce aux eaux florales et aux huiles végétales. Mais ils peuvent aussi provenir des huiles essentielles, des vitamines ou des plantes (comme mentionné, certains de ces actifs sont parfois utilisés dans les cosmétiques conventionnels mais ils sont souvent synthétisés et non bruts et naturels).

5. Les conservateurs 

Ces ingrédients sont utilisés pour conserver au mieux les cosmétiques, les empêcher de moisir ou de se dégrader trop rapidement.

  • Cosmétiques conventionnels : les parabènes, le triclosan, cetrimonium bromide, méthylisothiazolinone, phénoxyéthanol et les libérateurs de formol (formaldéhyde) sont, entre autres, utilisés comme conservateurs malgré le fait qu’ils soient des perturbateurs endocriniens allergisants et cancérigènes. En même temps, un produit qui se conserve plusieurs mois voire plusieurs années sans perdre de son efficacité, ça ne sonne pas très naturel…
  • Cosmétiques naturels : les huiles essentielles et l’alcool naturel peuvent avoir des vertus de conservation. Par ailleurs, il existe certains conservateurs synthétiques autorisés dans les cosmétiques naturels et biologiques (notamment l’acide benzoïque, l’alcool benzénique, l’acide salicylique, l’acide sorbique, l’acide déhydroacétique). Concernant le « sans conservateur » c’est envisageable mais difficile à mettre en place car soumis à un packaging spécial (type Pack Airless ou stérilisation + packaging adapté).

6. Le parfum 

Comme son nom l’indique, il parfume nos cosmétiques.

  • Cosmétiques conventionnels : il s’agit de parfums de synthèse comme les phtalates, des perturbateurs endocriniens néfastes pour l’environnement.
  • Cosmétiques naturels : les huiles essentielles sont privilégiées.

 

De naturel à biologique

Toutes ces alternatives naturelles aux ingrédients synthétiques et souvent nocifs sont d’autant plus respectueuses de notre peau et de l’environnement lorsqu’elles sont biologiques. Quand vous achetez des cosmétiques, la mention « issu de l’Agriculture Biologique » sera précisée pour chaque ingrédient. Dans le doutes, fiez-vous aux labels tels que Cosmébio, EcoCert, CosmosOrganic ou Nature&Progrès qui garantissent au moins 95% d’ingrédients naturels et biologiques.

 

On a donc bien compris qu’il faut fuir les ingrédients chimiques et synthétiques qui sont dangereux pour notre santé par leurs effets irritant, allergisant, cancérogène ou leur nature de perturbateurs endocriniens, etc.

Ces ingrédients sont aussi dangereux pour la planète. L’extraction, le transport et le raffinage du pétrole pour obtenir les huiles minérales issues de la pétrochimie ont un bilan écologique désastreux. Par ailleurs, lors de leur utilisation, les cosmétiques contenant des silicones, sulfates et phtalates polluent les eaux en y rejetant des particules, car non, ces ingrédients ne sont absolument pas bio-dégradables et extrêmement polluants pour le milieu aquatique.

Si les marques utilisent encore ces perturbateurs endocriniens-dérivés de pétrole-polluants-et j’en passe, c’est une question de coût, mais pas que ! En effet, se fournir en ingrédients naturels (et encore plus quand ils sont biologiques), c’est plus cher. Mais, notamment pour les soins de visage, on peut aussi admettre qu’il n’est pas très naturel de rajeunir ou de vouloir aller à l’encontre de la nature de sa peau. Malheureusement, il n’existe pas, dans la nature, d’élixir magique permettant de gommer nos imperfections. Il est possible d’hydrater, de nourrir, d’essayer de réguler le sébum, de restaurer un peu l’élasticité de notre peau, mais pas de remonter le temps ou de changer notre ADN. En revanche avec un bon matraquage marketing et publicitaire et des ingrédients chimiques et synthétiques on peut faire illusion. On ne dit pas qu’il faut bannir tous cosmétiques, s’installer dans une grotte et vivre comme un ermite mais accepter sa peau et tenter de la comprendre tout en la protégeant des agressions extérieures (pollution, écrans, maquillage, …) ça parait déjà être un bon compromis !

 

Bref ! On évite les cosmétiques « classiques » et on essaye de regarder la liste des ingrédients pour identifier les compostants nocifs. En voici une petite liste pour vous aider !

Les ingrédients à bannir ou à éviter dans les listes INCI (liste des ingrédients) :

Glycérine : notée glycerin dans la liste INCI mais son origine n’est pas obligatoirement indiquée. En général, si la mention « naturelle » ou « végétale » n’est pas écrite, il s’agira de glycérine issue de la pétrochimie.

Huiles minérales : paraffin, petrolatum, ceresin, synthetic wax, paraffinum liquidum, cera microcristallina

PEGs et glycols : PEG, PPG, Polyethylène Glycol et Polypropylèneglycol, Propylene glycol, Butylene glycol, Pentylene glycol

Silicones : tout ce qui finit en « –one » ou « –oxane », par exemple Diméthicone, Diméthiconol, Cyclopentosiloxane, Diméthylpolysiloxane, Phényldiméthylpolysioxane, Phényldiméthicone, Cyclométhicone, Aminopolysiloxane, Amodiméthicone

Sulfates : Sodium Lauryl Sulfate (SLS) ou Laurylsulfate de sodium, Sodium Laureth Sulfate (SLES), Ammonium Lauryl Sulfate (ALS), Ammonium Lauryl Sulfate, Sodium Coco Sulfate

Parabènes : propylparaben, butylparaben, isobutylparaben, methylparaben, methylparaben

Triclosan : triclosan

Méthylisothiazolinone : méthylisothiazolinone, MIT ou Kathon CG.

Cetrimonium Bromide : cetrimonium bromide 

Formaldéhyde : DMDM hydantoïne, diazolidinyl urea, imidazolidinyl urea, methenamine et quarternium-15.

Phénoxyéthanol : phenoxyethanol

BHT et BHA : BHT (Butylhydroxytoluène), BHA (Butylhydroxyanisole)

Phtalates : Parfum, Fragrance, Diéthylphtalate (DEP), Diisodecylphtalate (DIDP)

Colorants : CI + 5 chiffres (ex : CI 14700), P-Phénylenediamine

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5 commentaire

  1. […] Par ailleurs, les gels douche et shampoings que vous trouvez en grandes surfaces sont composés d’ingrédients toxiques pour votre peau, votre santé et polluent l’eau lorsqu’ils sont rincés. Si vous voulez en savoir plus sur la composition des cosmétiques, consultez notre article sur les cosmétiques conventionnels vs. cosmétiques naturels. […]

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  4. […] En cosmétique bio, on utilise surtout des huiles végétales mais dans les cosmétiques conventionnels c’est souvent de l’huile directement issue de la pétrochimie. (Pour un comparatif entre les cosmétiques naturels et conventionnels, c’est par ici). […]

  5. […] Isolés et à petite dose, ils n’ont pas tous un effet notable sur notre santé. Le véritable problème c’est « l’effet cocktail », c’est à dire lorsque plusieurs perturbateurs endocriniens sont mélangés dans une liste d’ingrédients et malheureusement c’est le cas dans la plupart des cosmétiques conventionnels. Si vous voulez en savoir plus sur les grandes différences entre les cosmétiques conventionnels et naturel, c’est ici. […]

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